Entre les années 1890 et le
début de la Première Guerre mondiale, émerge une nouvelle culture des médias
permettant la projection d’images. Forains, entrepreneurs, pédagogues,
scientifiques et bien d’autres s’approprient la lanterne magique et du cinématographe
dans des contextes très divers, leurs pratiques reflétant et construisant le
sens de ces nouveaux médias. L’accompagnement sonore de ces projections
(parole, musique, bruitage), tout comme l’usage combiné et varié de la
projection fixe et animée, autorise à parler véritablement de performance
pour ces programmes qui se révèlent parfois très complexes. Projectionnistes,
exploitants, musiciens, artistes de la scène ou techniciens en coulisses, tous
ont contribué à réaliser des performances où musique, chanson, bruitage,
lecture, commentaire et récit s’associent aux images projetées. Le succès de
ces nouveaux médias explique aussi l’essor rapide de la nouvelle industrie
cinématographique et permet de comprendre l’apparition et l’élaboration du
concept de « cinéma ». Partout dans le monde, des salles spécialement
conçues pour ce nouveau spectacle furent construites dans les années 1900,
créant ainsi des lieux singuliers. Toutefois, les pratiques de projection
n’étaient pas d’emblée centrées sur le film comme spectacle autonome, la
projection cinématographique s’inscrivant également à l’intérieur de
performances multi-médiatiques. Ce congrès sera l’occasion d’explorer la nature
et les usages de ces nouvelles performances médiatiques à la fois hybrides et
composites à une époque, charnière, celle de l’invention du cinéma. Ce congrès
nous permettra également d’en analyser les significations sociales,
culturelles, économiques et idéologiques. En proposant de débattre de ces
questions à Brighton quelque trois décennies après le fameux congrès de la FIAF
(1978), nous souhaitons faire avancer l’historiographie du cinéma des premiers
temps en élargissant son champ à la lumière des récentes explorations de la
nature intermédiale et performative des nouveaux médias contemporains.
Nous vous invitons à soumettre
une communication explorant l’un des thèmes suivants:
Anciennes et nouvelles histoires et théories des
pratiques de projection et des médias durant la période 1890-1915 – dans une
approche revenant sur l’historiographie de cette période.
Pratique des performances impliquant de nouveaux
medias : leur origine, leur histoire ; le rôle des hommes de
spectacle et leurs créations de programme ; la combinaison de la lanterne
magique et du cinématographe ; l’utilisation de conférenciers, d’écrits, musique,
chansons et sons ; l’essor des spectacles ambulants impliquant ces nouveaux
médias et l’utilisation de circuits (tournées, réseaux de locaux) ; l’histoire
et la diffusion des techniques de performance.
Le rôle des genres, des minorités et des classes
sociales dans la construction de ces pratiques.
La nature sociale, culturelle, commerciale et
idéologique de ces programmes.
Performance et professionnalisation.
L’industrialisation de la lanterne magique à
partir des années 1880 et son influence sur la performance (développement des
fabricants de lanternes et de plaques de projection, standardisation des
formats, publication de catalogues et introduction du système de distribution).
Les relations particulières qu’entretiennent la
lanterne magique et le cinématographe.
L’utilisation de sons enregistrés au sein des
performances.
Les performances impliquant ces nouveaux médias
dans leur contexte à la fois national et transnational.
Le recours aux performances dans un cadre
pédagogique, religieux ou scientifique.
Les actualités sur scène et à l’écran : emploi
de la lanterne magique et du cinématographe dans des performances représentant
des événements tels que le jubilé de la reine Victoria, la guerre
hispano-américaine ou le Delhi Durbar.
La “variabilité textuelle”, de la page à la
performance à travers la présentation de nouveaux médias (ex : Dickens ou
le Nouveau Testament).
Les lieux de cette histoire, leur programme,
leur culture et leur public (ceci inclut l’histoire des premières salles de
cinéma) ; performances et architecture.
Les programmes de ces nouveaux médias et leur
relation avec la ville: tourisme, culture, divertissement et développement
économique (ex : Brighton et les lieux de vacances à la fin de la période
victorienne).
Nouveaux médias et leurs relations intermédiales
et intertextuelles avec d’autres pratiques reposant sur la performance (cirque,
music-hall, vaudeville, pantomime, théâtre, le spectacle ambulant, etc.)
Les relations entre les théories de la
performance et les performances impliquant de nouveaux médias.
Recherches sur les nouveaux médias et leurs
aspects performatifs : défis et richesses des sources archivistiques.
Les relations, sur un plan historiographique et
théorique, entre les nouveaux medias apparus au tournant du 20ème
siècle et ceux apparus au tournant du 21ème siècle.
Si la période couverte par ce
sujet concerne avant tout les années 1890 à 1915, nous sommes conscients que le
cinéma ne s’est pas développé partout au même rythme ni de la même façon. Pour
cette raison, les propositions traitant du cinéma après 1915, dans les pays où
les pratiques abordées furent postérieures, seront prises en considération. De
la même façon, les propositions qui traitent de l’histoire et du statut actuel
de la place du cinéma des premiers temps dans les archives et les musées, et
tout spécialement celles qui traiteront de la question de la performance, sont
également bienvenues.
Informations
pratiques
Les propositions doivent être
soumises avant le 31 octobre 2011 et
doivent être envoyées à l’adresse suivante : domitor2012@gmail.com
Les propositions pour des
panels préconstitués de trois ou quatre participants seront aussi prise en
compte. Ces dernières doivent être envoyées par le président du panel et
doivent contenir une brève présentation argumentée du thème et une présentation
des interventions individuelles.
Les propositions individuelles
ne doivent pas dépasser 300 mots et doivent être écrites en anglais ou en français.
Seule une communication écrite dans l’une de ces deux langues peut être
présentée au congrès. La version écrite de la communication doit comprendre au
maximum 2500 mots et ne doit pas dépasser, à l’oral, une présentation de vingt
minutes (incluant la présentation de tout matériel audiovisuel en complément).
Le texte des interventions devra être remis avant le 30 avril 2012 au plus tard
afin de permettre la préparation de la traduction simultanée.
S’il n’est pas obligatoire
d’être membre de Domitor pour soumettre une proposition, toute personne
intervenant dans le congrès devra être membre de l’association. Pour une
adhésion, veuillez visiter notre site ici.